Les "Epaves de Madagascar", par Pierre van den Boogaerde (25-03-2009) - C'est un peu bizarre quand un financier parle d'autre chose que de monétaire et finance ! Mais, chacun a ses hobbies. Pierre van den Boogaerde, par exemple, plus connu par tous comme étant le représentant résident du FMI est un fin aventurier aimant les bateaux et la plongée sous-marine. Il a même sorti un livre "Shipwrecks of Madagascar", édité le 17 décembre 2008.
"Les épaves de Madagascar", de Pierre van den Boogaerde
© Pierre van den Boogaerde Amateur de plongée sous-marine, Pierre van den Boogaerde a déjà scruté le fond marin de Madagascar et a répertorié plus de 1000 épaves de bateaux dans notre fond marin. Dans son livre, en anglais intitulé
"Shipwrecks of Madagascar", il raconte en 348 pages les histoires des épaves de bateaux dans ce fond marin malgache. Des naufrages dus à des tempêtes, des erreurs de navigation, l’état délabré de certains navires, ou des combats navals.
D’après l’auteur, les plus anciens naufrages sont ceux de navires venant dans l’antiquité d’Indonésie, d’Inde, de Chine, de Java, du continent Africain, de Grèce et de la péninsule Arabique. Malheureusement, la documentation sur ces naufrages est virtuellement inexistante. Mieux connus sont une centaine de naufrages à Madagascar de navires des Compagnies des Indes Orientales portugaises, hollandaises, anglaises et françaises, des nombreux pirates qui y relâchèrent ou s’y établirent, de l’Amirauté britannique et de la force Navale française, des voiliers et vapeurs du 19ème siècle, de l’escadre Russe de 1904-05, de la Compagnie des Messageries Maritimes, de la Compagnie Havraise Péninsulaire, de l’invasion par les forces alliées en 1942, ainsi que quelques naufrages plus récents. Certaines de ces épaves ont été explorées, mais beaucoup d’entre elles ne demandent qu’à être découvertes.
Beaucoup des naufrages anciens eurent lieu le long de la côte sud-ouest ou dans le sud. C’est dans ces parages que les premiers navigateurs touchèrent Madagascar. En suivant la terre de près ou essayant de jeter l’ancre pour s’approvisionner, n’ayant pas de cartes marines appropriées, les navires se jetèrent contre les nombreux récifs submergés ou bien furent assaillis par des cyclones souvent violents. Bien sur, de nombreux navires français ont péri dans la zone de Fort Dauphin, vu la présence française en cet endroit. De même, la plupart des naufrages de navires pirates eurent lieu sur la côte est dans les parages de l’île Sainte Marie, de Foulpointe, ou de Fenerive où ils avaient élu résidence. Suite au développement à partir de la fin du 19ème siècle de Tamatave comme port principal de Madagascar, presque tous les naufrages plus récents ont eu lieu sur la côte est.
L'auteur, Pierre van den Boogaerde
© Pierre van den Boogaerde Parmi les épaves les plus connues, il faut citer une douzaine de naos portugaises de l’Estado da India, toutes richement chargées, datant la plus part du 16ème siècle ; huit vaisseaux de la Compagnie Hollandaise des Indes Orientales, en particulier le Koning David et le Ridderschap van Holland ; quatre navires de la Compagnie Anglaise des Indes Orientales, y compris le Degrave, naufragé en 1703 et dont le seul survivant, Robert Drury, publia un récit épique des ses 15 ans de captivité à Madagascar; de l’Aurora, coulé en 1770 et qui avait à son bord le poète écossais William Falconer et Robert Pitcairn, qui avait découvert deux ans auparavant l’île de Pitcairn où se réfugièrent les mutinés du Bounty; et le Winterton, qui fit naufrage à Salara en 1792 ; de très nombreux vaisseaux des Compagnies françaises des Indes Orientales, en particulier le mythique Soleil d’Orient qui retournait en France avec à son bord une ambassade solennelle du Roi du Siam auprès du Roi Louis XIV et des très nombreux présents; un bon nombre de navires pirates, y compris les bien connus Adventure Galley de William Kidd et le Victorieux du pirate La Buse; des vaisseaux de l’amirauté Britannique, en particulier la frégate HMS Serapis de John Paul Jones; des navires de la Marine française, des voiliers et vapeurs du 19ème siècle; et, finalement, des sous-marins français et japonais et des vaisseaux militaires de la second guerre mondiale.
Bref, une lecture passionnante.
Ce livre est la seconde œuvre de Pierre van den Boogaerde. En décembre 1991, il a déjà écrit un livre en anglais aussi, mais très économique "Financial Assistance from Arab Countries and Arab Regional Institutions".
Recueillis par Solofo Andrianjakarivelo avec l'aimable collaboration de l'auteur Pierre van den Boogaerde
© DTS
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