Sortie de crise. Le dialogue sur la bonne voie (23-02-2009) -Le Président de la République, Marc Ravalomanana, et l'ancien maire d'Antananarivo, se sont rencontrés samedi dernier pour la première fois à l'Episcopat Antanimena.
Initiée par les "Raiamandreny am-panahy" du Ffkm (Conseil des Eglises Chrétiennes de Madagascar), cette rencontre a eu lieu alors que le pays est plongé depuis plus d 'un mois dans la crise politique. Ce premier face-à-face entre le Président Marc Ravalomanana et Andry rajoelina intervient alors que ce dernier s'apprêtait, selon ses déclarations de la veille, à entreprendre avec ses partisans rassemblés sur la Place du 13 Mai une "longue marche" vers une destination tenue secret.
Entente Suite aux pourparlers dirigés par les 4 Chefs d'Eglise, dirigeants du Ffkm, les deux camps se sont convenus: - d'arrêter toute forme de provocation, de dénigrement, et de diffusion de fausses nouvelles par le biais de l'Audiovisuel, - de faire cesser tout acte de pillage et de vandalisme visant des biens des particuliers et de l'Etat, - d'arrêter toute manifestation dans la rue, - de cesser toute forme d'arrestation et de poursuites à caractère politique.Les dirigeants du Ffkm ont salué "la volonté et le courage" des deux parties d'avoir bien voulu honorer leur invitation. Cette première rencontre qui a duré 45 minutes visait à faciliter le dialogue futur pour régler la crise et s'est déroulée dans "le respect, la cordialité et le calme", selon le Ffkm. Les pourparlers devraient poursuivre ce jour et les deux camps discuteront de la situation en détail.
Changement d'avis Depuis le début de la crise, plusieurs composantes de la société malgache (Ffkm, société civile, groupe d'opérateurs....), ainsi que la Communauté Internationale (Coi, Sadc, corps diplomatique, Nations Unies...) ont proposé le dialogue. A la dernière minute, Andry Rajoelina, qui auparavant a déclaré qu'aucune négociation n'est plus possible, s'est rétracté en répondant positivement à l'invitation du Ffkm de se mettre autour d'une table pour trouver des solutions à la crise politique dans laquelle lez pays est plongé au détriment de l'économie nationale.
Rappel des faits Pour rappel, le torchon a brûlé entre Andry Rajoelina, alors maire de la capitale, et le régime du Président Marc Ravalomanana en décembre 2008 quant la station de télévision Viva appartenant à Andry Rajoelina est frappée d'une mesure administrative (interdiction de diffusion) après avoir diffusé intégralement l'intervention de l'Amiral Didier Ratsiraka qui s'est exilé en France après les événements de 2002. Andry Rajoelina a lancé un ultimatum à l'Etat pour réclamer la réouverture de la station. Le 17 janvier, il enclenche une manifestation au Jardin d'Ambohijatovo rebaptisé "Place de la Démocratie". Le 24 janvier, Andry Rajoelina intensifie son mouvement et le délocalise sur la Place du 13 Mai sur l'Avenue de l'Indépendance.
Le 26 janvier surviennent des actes de vandalisme et de pillage, notamment de l'Audiovisuel public (Rnm et Tvm), ainsi que de plusieurs entreprises privées et magasins de la capitale et des régions. Des personnes ont trouvé la mort lors d'accrochages, ou brûlées vives lors des incendies des bâtiments commerciaux. Le 07 février 2009, eut le première tentative de prise du Palais d'Etat d'Ambohitsirohitra, site classé zone rouge avec les bâtiments de la Banque Centrale, du Ministère des Finances et du Trésor se trouvant à proximité. La garde présidentielle est contrainte d'ouvrir le feu sur les manifestants.
La semaine dernière intervint la "prise" des ministères au quartier administratif d'Anosy. Après trois jours d'échec, "quatre" ministres nommés sur la Place du 13 Mai ont pu être installés dans leurs bureaux à Anosy (19 février). Mais à l'aube du 20 février, les éléments de l'Emmo/Nat (Etat-Major Mixte Opérationnel) ont repris le contrôle de quatre ministères brièvement occupés et, selon la gendarmerie, interpellé une cinquantaine de personnes.
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