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De New York à Madagascar,ces dirigeants qui nous font honte

28 septembre 2009
Pendant qu'Andry Rajoelina et Ny Hasina Andriamanjato paradaient à New York, ses hommes armés réprimaient violemment les manifestants à Antananarivo

Pendant qu'Andry Rajoelina et Ny Hasina Andriamanjato paradaient à New York, ses hommes armés réprimaient violemment les manifestants à Antananarivo (photo du bas : La Une du jour de Midi Madagascar)

Quelle image déplorable que celle donnée ce week-end par nos dirigeants. A New York un leader auto proclamé mis au ban des Nations Unies et à des milliers de kilomètres de là un mouvement pacifique d’opposition purement et simplement réprimé.

Jamais 2 sans 3

Tout avait pourtant bien commencé pour Andry Rajoelina : une invitation à New York pour le sommet des Nations Unies. Une consécration pour celui qui a pris le pouvoir par les armes et qui s’acharnait pour être enfin reconnu par la communauté internationale. L’ONU était pour lui le marche pied vers la reconnaissance, la consécration. La machine médiatique était en marche : les membres de la HAT évoquaient une première étape vers la reconnaissance peu importe les élucubrations de l’opposition. Des membres de la délégation à New York avaient même apporté des caméras personnels pour immortaliser ce moment historique tandis que des préparatifs pour le retour triomphal de Rajoelina au pays se préparaient en coulisse.

Plouf, tout finalement est tombé à l’eau. A la place d’une reconnaissance, c’est 3 gifles que le leader de la HAT a reçu à New York.

Tout a commencé par ce discours sur le réchauffement climatique qui sentait le copié collé d’un discours prononcé un an plus tôt par un ministre luxembourgeois. Amateurisme ? Bourde ? l’erreur a fait très rapidement le voyage New York-Tana à la vitesse d’un TGV ce qui a très rapidement nourri les critiques de l’opposition. De son côté la HAT promet de remettre de l’ordre dans les rangs de ceux qui ont préparé le discours.

Puis vient le fameux banquet organisé par Barack Obama. Rajoelina n’a pas reçu d’invitation pour un déjeuner à la Maison Blanche donné en l’honneur de tous les chefs d’État africains. De même, Ban Ki-Moon a refusé sa demande d’audience. Ca commence à sentir le roussi d’autant plus que le discours de l’ancien DJ est reporté d’un jour. Néanmoins l’optimisme est de rigueur et c’est caméra à la main que la délégation malagasy se rend le lendemain pour entendre enfin le discours historique de leur leader.

C’est sans compter sur la SADC qui dans un discours ferme et applaudi, a dénoncé

« des hommes sans qualités (…) des putschistes »

Comme le veut le règlement du débat général de l’ONU, les membres présents ont été soumis au vote. Le verdict est sans appel 23 pays sur les 33 présents, refusent que Rajoelina prenne la parole (dont le Brésil, l’Inde et l’Argentine les puissances politiques et économiques émergentes). La fête est terminée, humiliée, caméra remballée, la délégation malagasy se lève et quitte la salle, cette 3ème gifle sonne comme le KO pour ce déplacement en terre américaine. Rajoelina comprendra-t-il cette vive fin de non recevoir de la communauté internationale pour accepter de revenir à la table des négociations et respecter sa signature de la charte de Maputo  ?

Répression et acharnement

Déjà Monja Roindefo, à plus de 10 000 km de New York, s’est empressé d’annoncer qu’une lettre de protestation serait envoyée au secrétariat général des Nations unies.

Pour lui :

« Les attitudes que certains membres de la SADC ont manifesté à New York étaient du lobbying que nous connaissons tous. Cela fait partie du lobbying payant par l’ancien président ou certains présidents qui se sont associés à eux. C’est peut-être l’ancien président qui a eu les moyens pour faire cela, donc pour moi ce n’est pas digne des Etats-Unis ».

Roindefo persiste : ce n’est pas la faute des leaders actuels mais de Ravalomanana, la SADC, des Etats-Unis. Les gifles reçues à New York n’ont-elles -pas suffi ?

Pendant ce temps, l’opposition unie décide de manifester pour dénoncer les condamnations politiques et la violation des accords de Maputo. C’est sans compter sur le PDS Edgard Razafindravahy (classé pro Rajoelina) et des militaires de moins en moins neutres qui n’ont pas hésité à gazer des manifestants sans armes tandis que leurs collègues armés, paradaient en 4×4 comme dans un vulgaire safari. Des blessures par balles ont été constatées par la HJRA dont des femmes et des enfants. Un militaire ivre a tiré sur l’hôtel où se tenait une conférence de presse des représentants des 3 mouvances d’opposition, et a blessé une personne.

Dans sa « version officielle » des faits, le colonel Ravelomanana précise que des faux militaires étaient présents et qu’ils sont à l’origine de coups de feu.

Honte, dégoût, les mot manque pour décrire ce qu’on peut ressentir en tant que citoyen après ce week end chaotique. Chaotique en effet de par l’image donnée par Madagascar d’un bout à l’autre du monde et au delà de ses dirigeants actuels. Madagascar, au ban des Nations du monde, est véritablement dans une impasse. De plus en plus, il semble que seule  la communauté internationale pourra l’en sortir de manière durable. Encore faut-il qu’elle n’attende pas la dernière minute pour réagir.

McFly

Source  Topmada.

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