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Madagascar.Crise de la crevette.Des opérateurs se lancent dans la multi-pêche


(27-07-2009) - De nouvelles activités en parallèle s’imposent durant la même campagne de pêche pour maintenir en vie les entreprises toute au long de l’année.
La filière crevettière est en crise. En raison de la flambée des prix des carburants depuis l’an dernier et la baisse de la demande internationale de l’or rose suite à la crise financière mondiale, les professionnels de ce secteur témoignent qu’ils n’affichent plus de rentabilité dans la pêche de crevette. D’autant plus que, l’administration leur impose depuis ces dernières années de réduire leurs efforts de pêche en vue de mieux préserver cette ressource constatée en dégradation. Mais des opérateurs ont déjà anticipé ce risque en basculant sur une nouvelle activité comme solution, et ce, avec le soutien du ministère de tutelle. C’est la multi-pêche. Il s’agit notamment de la diversification des activités crevettières pour une même campagne de pêche.

Rentable pour 4 mois de campagne

C’est le cas, entre autres, de Réfrigépêche Ouest qui se lance dans la pêche poissonnière opérée alternativement et ou simultanément avec la pêche de crevette, et ce, à titre exploratoire depuis novembre dernier. En effet, cette seconde activité n’est rentable que durant les 4 premiers mois de l’ouverture de la campagne en mars, d’après Antoine Rossignol, le directeur général de la société. Et pour faire vivre son entreprise tout au long de l’année en évitant la mise au chômage des employés, cet opérateur fait ensuite la capture des poissons pélagiques adultes dont notamment les thons et les espadons durant la saison basse. Mais la société a dû former ses employés dans la pratique de cette nouvelle activité à tous les stades de préparation. « Il leur est difficile de faire débarquer les prises en vue d’un traitement rapide, chaque semaine au lieu de le faire chaque mois », a évoqué Christophe, responsable du service armement à terre.

350 000 Euros d’investissement pour la conversion

En outre, l’opérateur doit convertir son navire crevettier en long liner. Ce qui permet d’effectuer la pêche sélective des poissons pour une meilleure préservation de la ressource. En cette phase exploratoire sur la côte Ouest, le seuil de rentabilité de la société n’est pas encore atteint par manque de volume de produits exportables et l’irrégularité des expéditions face à la demande. Elle n’exporte que les 30% de sa production brute alors qu’elle a investi jusqu’à 350 000 Euros dans cette nouvelle activité. Quant à la société Pêche Export, elle opte pour la collecte de crabes vivants et des poissons comme le mérou, le capitaine et le thon thazard auprès des pêcheurs traditionnels en plus de la pêche de crevette et des poissons d’accompagnement. « En effet, depuis ces 3 dernières années, nous avons réduit le nombre de navires de pêche de crevette de 6 à 4 faute de rentabilité car les captures n’atteignent plus en moyenne que 300 à 350 tonnes/an », a expliqué Solo Rakotoharimisa, le directeur administratif et financier de l’entreprise.

La fixation des redevances à l’étude

La société n’arrive plus à couvrir les charges d’exploitation telle la facture de la Jirama qui s’élève en moyenne à 42 millions Ar/mois, face à la baisse de ses prises. Cette année, Pêche Export prévoit de collecter 500 tonnes de crabes vivants en vue de les transformer tandis qu’elle a déjà exporté 12 tonnes de filets de poissons depuis mai dernier. « Après avoir bien étudié le marché via les collectes de ces produits, nous pourrons nous lancer dans la multi-pêche car cela nécessite des investissements », souligne Solo Rakotoharimisa. De son côté, le ministère de tutelle est actuellement en phase d’étude sur la fixation des redevances sur la multi-pêche, a expliqué Mamy Ramanantsoa, le directeur général de la Pêche et des Ressources Halieutiques. En outre, le réajustement des redevances sur la pêche crevettière payées annuellement, tant réclamé par les opérateurs est aussi en vue étant donné qu’ils ne la pratiquent que 4 mois durant la campagne. L’effort effectif opéré sur cette ressource par l’arrêt de pêche au plus tard à mi-campagne pour un transfert d’activité vers la pêche poissonnière doit également être considéré. Bref, « la multi-pêche, ça se fait ! C’est possible mais il faut se professionnaliser pour bien s’intégrer dans le métier », a conclu Antoine Rossignol.

Navalona R.

 
 
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D
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