(15-07-2009) - On n’est pas encore sorti de l’auberge. Nous sommes même très loin de la performance étrangère du 18è siècle en matière de cinéma
Fehezo
© DTS A l’heure actuelle où le cinéma européen, asiatique ou même indien entre dans une toute autre dimension, la production locale, elle, a reculé de deux pas au lieu d’avancer d’un. Certes, la première réalisation malgache a vu le jour dans les années 40 avec ce documentaire sur la « mort de Rasalama » ou des longs et courts métrages de Benoît Ramampy, Solo Ignace Randrasana, Limby Maharivo… bien plus tard dans les années 70. Mais il semblerait qu’en terme de qualité, ces productions des années 40 et 70 sont de loin meilleures que celles présentées actuellement. Et du chemin, on en a beaucoup à faire. Certains diront que le cinéma malgache a connu une énorme évolution. Oui, si l’on se réfère à la production locale, au nombre de réalisateurs et de producteurs qui se multiplie de jour en jour. Mais quand il est question de performance, nous sommes très loin du compte. Il n’est alors nullement étonnant de constater que rares sont les films malgaches sélectionnés pour concourir à des festivals de films étrangers.
Loin des « nuit américaine ». Raymond Rajaonarivelo fait partie des quelques exceptions. Avec son œuvre « Tabataba », il reçut le prix spécial du jury au festival de Cannes en 1988 ainsi que le Grand Prix du Festival d’Istambul à la même année. Un honneur que ses cadets ne connaîtront pas. Les réalisations locales ne dépasseront en effet plus les frontières, du moins celles africaines. Peut-être pour la simple raison que produire un long métrage est devenu rentable. Et la demande croissante en nouveaux films n’aide en rien à l’amélioration de la qualité. Au contraire, il incite les réalisateurs à produire de plus en plus vite. Souvent… au détriment de la qualité.
Bon nombre de ces « réalisateurs » se sont formés sur le tas. Ils ne sont pas plus qu’une dizaine parmi les centaines à avoir suivi une formation professionnelle en cinéma. Il est encore loin le temps où nous aurons droit à notre propre « nuit américaine » (une technique utilisée par les grands cinéastes, permettant de tourner de jour des scènes censées se dérouler la nuit). Pour le moment, il reste beaucoup à faire. Mais à la vue du nombre croissant de films réalisés annuellement, le cinéma malgache semble ne s’être jamais aussi bien porté. A moins de miser à l’avenir sur la qualité davantage que sur la quantité, il lui sera cependant difficile de trouver sa place dans les festivals internationaux. Et donc, de se faire connaître à l’étranger. Pour l’heure, nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge. Il nous reste au contraire du chemin à faire…
Mahetsaka
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