JE NE SUIS PAS CELUI QUE TU CROIS…
1. Introduction :
En nous promenant en famille près d’Orgères, nous avons admiré à Toulifaut un gigantesque marronnier séculaire, si majestueux que nous n’avons pas pu en faire le tour en nous tenant les mains ! Le lendemain, une grande tempête, une sorte de tornade l’a beaucoup « chahuté » et abîmé… On a beau parfois être solide, ça ne nous épargne pas les tempêtes… ça nous arrive peut-être à nous aussi… La Bible contient des « textes vérité » qui nous racontent certaines grandes tempêtes vécues par des hommes et des femmes de Dieu. C’est un de ces vieux textes que je vous propose aujourd’hui…
2. Lecture : 1 Rois 19.1-4,7-19
3. Elie, un grand homme de Dieu…
Élie fait partie des plus grands prophètes de la Bible. Son ministère a été ponctué de miracles et d'événements spectaculaires :
· Suite à son intervention l'huile et la farine n'ont pas manqué pendant la famine chez la veuve de Sarepta et son fils a été ressuscité.
· Par son intermédiaire Dieu a démontré d'une manière très spectaculaire qu'il est le seul vrai Dieu devant tout le peuple et les 400 prophètes de Baal en faisant descendre le feu du ciel et en consumant son autel !
· Il y est aussi le seul, avec Hénoch, à avoir le privilège de monter au ciel sans passer par la mort.
· Plus tard, lors de la transfiguration de Jésus, les disciples verront Elie aux côtés de Moïse s'entretenir avec Jésus.
Difficile donc de trouver une plus grande pointure de prophète que celle d'Elie ! Mais voilà, comme le rappelle Jacques dans sa lettre, Elie était aussi un homme de la même nature que nous et, comme la plupart d'entre nous, il a aussi connu des moments de grande difficulté.
4. Elie pourtant déstabilisé
Dans notre texte de ce matin, Elie vit certainement le moment le plus difficile de sa vie : il est au bout du rouleau, en pleine dépression. Hier, Elie croyait que tout allait changer, que le peuple d’Israël, qui avait vu le feu du Seigneur descendre du ciel, allait revenir vers Dieu... Aujourd'hui, Elie découvre que rien ne se passe comme il avait imaginé, espéré, désiré.
Hier il croyait la partie gagnée, aujourd'hui c'est Jézabel la méchante qui reprend la main, comme si rien ne s'était passé, et qui lance même un contrat contre le prophète de Dieu.
Elie ne comprend plus rien ! Toutes ses espérances s'écroulent, d'autant que le Dieu qui, hier a fait descendre le feu du ciel, semble aujourd'hui curieusement muet et absent.
Nous connaissons ce genre de situation ! Parfois comme Elie nous ne savons plus où nous en sommes, nous peinons à voir l'action de Dieu dans notre vie et autour de nous et cela nous déstabilise très fortement !
Hier Elie était plein d'audace (tout feu tout flamme !), aujourd'hui il a peur devant la menace sérieuse de la puissante Jézabel et préfère s'enfuir le plus loin possible. Sans l'intervention de Dieu au travers de son messager, Élie aurait refermé la page de son ministère et de sa vie dans le désert… Parfois la mort peut sembler la seule échappatoire à une vie devenue impossible. L'histoire aurait pu se terminer tragiquement dans ce désert si Dieu était resté muet et indifférent au sort de son prophète.
5. Erreurs de perception !
Mais Dieu n'est jamais indifférent au sort de ses enfants. Pour son prophète perdu, Dieu envoi son messager et commence une œuvre de restauration. Car si Elie croit tout perdu, Dieu a déjà prévu un plan d'espérance pour Elie comme pour son peuple. Seulement, pour entrevoir cette espérance, Elie va devoir porter un regard nouveau sur les faits et les événements qui l'ont conduit aux confins du désert : il va devoir se débarrasser de toutes ces fausses pensées de toutes ces fausses croyances sur Dieu, sur lui-même, sur les autres et sur les événements, tout ce qui fausse et encombre sa vue, l'empêche de vivre et de continuer son ministère.
Ces erreurs de perceptions sont autant de lunettes qui se superposent et finissent par lui ôter toute vision d’avenir et d’espérance ! (Illustration avec plusieurs paires de lunettes)
1. Elie se croyait seul (première paire)
2. Il croyait tous les Israélites infidèles (2ème)
3. Il croyait que Dieu ne se révèle que puissamment et spectaculairement (3ème)
4. Il doutait finalement de la puissance de Dieu, de sa protection et de sa justice (4ème)
5. Il croyait encore que Dieu avait besoin de lui pour défendre sa cause (5ème)
Le résultat (avec les 5 paires de lunettes sur le nez) ? C’est l’impasse, le noir complet… !
Sauf que Dieu est là et ne cesse d’accompagner discrètement mais efficacement son prophète ! Même lorsque nous avons tout faux ça n’empêche pas Dieu de demeurer à nos côtés et de continuer la route avec nous quitte à faire un petit détour par le désert et le mont Horeb…
6. De nouvelles bases pour redémarrer
Elie a besoin d’un « reset » (=en informatique, c’est le petit boutons qui permet de tout redémarrer quand tout est bloqué !) : c’est bien ce qui va se passer près de la caverne ! Là, Dieu va se révéler à Elie au bout de sa nuit (!) mais auparavant il lui permet de vider son sac, d’exprimer sa pensée profonde, son désespoir et surtout sa propre perception des choses avant d’être capable d’écouter Dieu.
Ensuite, Dieu va proposer à Elie de nouvelles bases pour redémarrer sa vie et son ministère. La première base est de redécouvrir qui il est vraiment. Pour Elie comme pour nous, tout part de là, toujours : avoir une juste vision de qui est Dieu.
6.1. Une juste vision de Dieu
Le Dieu qui passe devant Élie n'est pas seulement le Dieu des miracles, le Dieu spectaculaire, comme Elie s’y était habitué. Ainsi, Dieu n'est pas dans le vent violent qui fend les montagnes et fracasse les rochers. Il n'est pas dans le tremblement de terre qui renverse ce qui est établi, il n'est pas dans le feu qui purifie et anéantit ! Si nous recherchons que du spectaculaire ou que de la puissance, nous risquons ou d’inventer sa présence ou de la manquer…
Parce que Dieu est plein d‘amour, il adapte sa présence à celui qu’il rencontre. Le besoin profond d’Elie à ce moment-là, sur le mont Horeb, c’est de la douceur et de tendresse. C’est pourquoi le « bruissement doux et léger » annonce, révèle la présence de Dieu pour Elie.
Devant son prophète abattu, Dieu ne s’impose pas, il l’invite simplement à sortir de sa caverne, à être attentif à sa présence même s’il ne le perçoit pas ou même si l'injustice et le mal semblent dominer (litt. : le « murmure du silence ») !
Comme Elie, en ôtant l’une après l’autre ces lunettes qui déforment notre vision, nous pouvons commencer à voir autrement !
· Élie croyait que Dieu avait disparu parce qu'il ne le percevait pas ? Dieu est là quand même et ne cesse d'agir, de demeurer le maître aussi bien pour ceux qui l’aiment que pour ceux qui le rejettent !
· Élie croyait que Jézabel avait repris la main sur les événements parce qu’elle menaçait sa vie ? Dieu continue de dérouler son plan pour les hommes. Le pouvoir apparent et injuste d’Achab et de Jézabel est compté et limité (2 chapitres plus loin, ils ne sont plus)… Dieu a déjà choisi les nouveaux acteurs de demain : un nouveau roi pour la Syrie, pour d'Israël et un nouveau prophète pour accompagner et succéder à Élie.
· Élie se croyait seul fidèle, Dieu sait qu'il il y a aussi 7 000 hommes qui lui sont fidèles. Elie s’était juste trompé de 7 000% ! Sacrés lunettes !
Il y a ce qu'Elie voit, perçoit, croit, sa réalité et ce que Dieu sait, permet, réalise... La différence est parfois énorme entre nos perceptions et la réalité de Dieu !
6.2. Dieu avec nous
Élie avait peur, il songeait à mourir, il n'avait plus la force de continuer... Sa rencontre exceptionnelle avec Dieu lui ouvre de nouvelles perspectives qui lui permettent de se relever et de poursuivre son ministère.
Nous ressemblons peut-être à Élie… Nous traversons peut-être des difficultés profondes, nous sommes peut-être épuisés, nous ne comprenons plus ce qui se passe ou nous ne pouvons plus de voir le mal s'insinuer partout et sembler l'emporter... Nous avons peut-être envie de baisser les bras, d'abandonner la partie…
Dans nos déserts comme dans celui d'Élie, Dieu vient à notre rencontre. Comme pour Élie, il se propose de nous écouter : nous pouvons nous décharger sur lui, tout lui dire : il ne comprend... Mais ça ne s'arrête pas là ! Comme pour Élie, Dieu veut nous faire cheminer pour renouveler notre vision est notre espérance. Celles-ci s'appuient sur un Dieu qui ne se contente pas d'un petit coup d'éclat de temps en temps mais qui a choisi d’être présent dans tous les instants de notre quotidien.
Sa présence n'est heureusement pas liée à ce que nous en percevons ; même lorsque n'est rien n'est perceptible comme « le bruit du silence » Dieu et là :
· Dieu est là lorsque le monde autour de nous est mauvais ou injuste, même lorsque son peuple l'abandonne, Dieu ne renonce pas à demeurer présent et intervenir en sa faveur.
· Dieu est là quand tout semble perdu.
· Quand nous n'avons plus de solution, quand nous croyons Dieu absent ou indifférent, Dieu a pourtant prévu la suite !
7. Conclusion
Le Dieu d'Élie est un Dieu incroyable ! Ce qui est génial, c'est que le Dieu d'Élie est aussi notre Dieu ! De la même façon qu'il a « ressuscitée », relevé Elie, redonné un sens à la vie d’Élie, il veut aussi le faire pour nous ! Je ne le vois peut-être pas encore, mais je le crois ! Pour cela, sommes-nous prêts à rencontrer le Seigneur ? A ce qu’il change notre vision des choses ? A ce qu’il fasse couler en nous une vie nouvelle ?
Élie aurait pu être tenté de rester à la montagne de Dieu à Horeb… Là, Élie était bien, loin de tout danger, tout près de Dieu. Cela aurait été bien plus simple de ne plus bouger de là ! Nous sommes peut-être aussi tentés de nous retirer des confrontations, de ne pas nous mêler aux autres, au monde ; ce serait tellement plus simple...
Sauf que cette vie que Dieu nous confie est faite pour porter du fruit ; à la suite d’Elie, à qui Dieu avait prévu un rôle dans la suite des événements, Dieu nous met en mouvement pour aller partager au-dehors ce que Dieu nous a confié. Puisque Dieu est avec nous en toutes circonstances (nous savons qu’il a été jusqu’à donner Jésus, son Fils pour cela) nous pouvons nous relever et vivre notre vie d'enfant de Dieu !
Oserons-nous sortir de nos cavernes ? Oserons-nous ôter ces lunettes qui nous paralysent pour mieux découvrir notre Dieu et qu’il nous accompagne dans notre service ? Notre mission n'est donc pas de rester dans ce temple, mais d'aller porter au-dehors cette bonne nouvelle avec la force que Dieu nous donne !
Que notre vie toute entière soit au service de celui qui nous fait revivre !
q Christophe CHAMARD, Gaubert, 17 mai 2009
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