Les militaires répriment violemment la marche des légalistes (jeudi 23/04)
Les militaires ont eu recours à des tirs de sommation et des jets de grenades lacrymogènes pour disperser ce jeudi midi une marche pacifique de partisans de Marc Ravalomanana et d’opposants à Andry Rajoelina dans la capitale de Madagascar.
Cinq camions de policiers et de gendarmes lourdement armés avaient bloqué jeudi matin l’accès à la place de la Démocratie à Ambohijatovo.
Tandis que les manifestants commençaient une marche dans le centre d’Antananarivo, les forces de l’ordre ont alors procédé à des tirs de sommation et des jets de grenades lacrymogènes pour les disperser. Des tirs nourris ont duré plus de trois heures. Des groupes de manifestants ont été pourchassés dans les ruelles de la capitale et des barrages ont été érigés aux alentours du jardin d’Ambohijatovo. Certains témoins ont signalé la présence de jeunes perturbateurs voulant en découdre avec les militaires.
Un bilan provisoire fait état d’un mort et près d’une dizaine de blessés par balles, de source hospitalière. Les militaires ont procédé à des arrestations assez musclés (voir photo).
Mardi, la Haute Autorité de transition (HAT) dirigée par Andry Rajoelina avait pris en conseil des ministres un arrêté interdisant jusqu’à nouvel ordre les manifestations dans les lieux publics.
Lundi, une manifestation pacifique avait déjà été violemment réprimée et 2 morts ont été comptabilisés dont un mort atteint d’une balle dans la tête. Les manifestants ont marché vers le tribunal d’Anosy pour réclamer la réouverture des radio Mada et Fahazavana ainsi que de la TV Mada, dont les antennes et les matériels ont été confisqués par l’armée samedi.
Des dizaines de milliers de partisans de Marc Ravalomanana et d’opposants à Andry Rajoelina défilent quotidiennement sur la Place de la Démocratie. Andry Rajoelina a pris le pouvoir le 17 mars grâce à l’aide de militaires mutins. Il est contesté par la communauté internationale : l’UA, la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) et l’Organisation internationale de la Francophonie ont suspendu Madagascar et qualifient la prise de pouvoir d’anti-démocratique ou d’anti constitutionnelle. Les Occidentaux ont condamné ce qu’ils considèrent comme un “coup d’Etat”.
Marc Ravalomanana, en exil en Afrique du Sud, promet de revenir prochainement à Madagascar pour organiser des élections présidentielles avant la fin de l’année, et se dit prêt à « travailler avec tous les partis qui respectent la Constitution et la primauté du droit » grâce à la formation d’un gouvernement inclusif et consensuel.
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