Andry Rajoelina a déclaré qu’il allait revoir tous les contrats miniers et pétroliers car il ne rapporteraient pas assez au pays d’après lui.
Des observateurs voient en cette décision un moyen de la HAT de remettre la main sur la manne minière et pétrolière du pays. Certains vont plus loin en parlant d’un retour d’un fonds de nationalisme digne de Chavez au Vénezuela. Avec la non reconnaissance du nouveau pouvoir par toute la communauté internationale et le gel des aides, Andry Rajoelina manquera de fonds pour développer le pays d’où la volonté de mieux contrôler les mines et le pétrole. Les Etats-Unis ont déjà coupé le robinet de l’aide non humanitaire ainsi que la Norvège. L’Union Européenne a annoncé hier qu’elle allait geler les aides pour les nouveaux contrats.
Les ressources minières à Madagascar sont énormes et se chiffrent en milliards de dollars. Grâce aux investissements massifs dans ce secteur les investissements à Madagascar ont triplé en 2006 et en 2007. Face à cette décision de la HAT, les investisseurs s’inquiètent pour leurs capitaux. La HAT s’attaque donc à des multinationales multimillardaires et les procédures vont être lourdes. Déjà les locaux de la filiale de Rio Tinto (QMM) à Toalagnaro ont été fouillés par des militaires. Tout ceci n’arrange pas l’atmosphère des affaires. La note de Madagascar a été récemment dégradée par les organismes en charge des ratings faisant de Madagascar un pays encore plus risqué pour les affaires.
Afin de faire preuve de transparence QMM a publié l’impact de ses investissements à Toalagnaro: 3 300 emplois à créer, 33 millions de dollars de fonds versés en 2007 pour la ville et 3 millions pour les personnes déplacées. (lire l’article)
Espérons que la HAT ne sera pas tentée par l’isolationnisme et le protectionnisme fortement déconseillés par le FMI en ces temps de crise mondiale. La fouille des locaux de QMM par des militaires et la volonté d’Andry Rajoelina de sortir de la SADC sont en tout cas de mauvais signaux lancés aux investisseurs de plus en plus averses au risque. Il est très bien d’avoir des ressources importantes encore faut-il savoir les fructifier.
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