J’écris en français, mais croyez-moi, avec ce qui se passe actuellement, qu’est-ce que j’aurai voulu pouvoir écrire en anglais. Être dans une de ces anciennes colonies anglaises prospères et stables. J’ai aujourd’hui un sentiment énorme de frustration. Longtemps je me suis mis à l’abri de tout emportement et déduction facile, de ceux qui crachent et critiquent, ou ceux qui accusent la France de tous les maux.
Aujourd’hui, je ne sais plus quoi penser, suis-je parano ? La France ne veut-elle vraiment pas que ses anciennes colonies émergent ? On m’a dit crois pas ces conneries, la France n’a aucun intérêt dans cette crise… et patati et patata. Oui mais aujourd’hui, qui croire ? A-t-on abusé de ma naïveté ? Parce que c’est trop gros, ça ne peut pas être vrai ?
Je suis troublé aujourd’hui et un sentiment d’injustice totale m’a envahi.
Pourquoi est-ce que certains ne veulent pas nous voir réussir ? Pourquoi est-ce qu’on nous tire toujours vers le bas ?
Vous savez, Ravalomanana a fait des grosses erreurs, on parle de conflits d’intérêts d’importante envergure… Peut-être dus à un manque de connaissance politique ou des lacunes comblées trop tardivement, voir même une personnalité autoritaire…je ne sais pas.
Je vous l’avoue, j’ai toujours été contre la fermeture de Viva.
Mais aujourd’hui, je me dis Ravalo, comme on l’appelle tous, celui-là est peut-être le seul président malgache à vouloir réellement un Madagascar libre et décomplexé, Un Madagascar digne d’une vraie puissance économique, « Le pays émergent du continent africain ».
Celui-là finalement que certains veulent renverser a « osé faire du Vita Malagasy » un emblème de qualité.
Celui-là voyait finalement grand pour son pays.
Celui-là a osé couper le cordon ombilical avec sa mère patrie.
Celui-là a osé mettre en valeur notre identité et faire justement oublier « ce gros problème d’identité » que nous avons depuis longtemps.
Celui-là a voulu donner plus de sens au mot « vazaha » figure de l’étranger, mais surtout du français. Celui-là a été le premier à nous dire, « non, cessez votre méfiance de l’étranger ! ». Aujourd’hui les vazahas sont devenus toutes les nationalités.
Alors, je me dis, pourquoi la France n’a-t-elle pas vu là une bonne nouvelle : se dire enfin ce beau pays une fois colonisé est enfin prêt pour la mondialisation. Ou peut-être la France a-t-elle senti que le chemin tracé par Ravalomanana risquait à long terme de compromettre ses intérêts et de transformer leur ancienne colonie en un pays exemplaire, stable aussi indépendante que d’autres pays émergents ?
La France, n’a peut-être pas apprécié qu’aujourd’hui, elle est regardée comme un pays étranger comme un autre ?
L’Anglais a été fait troisième langue officielle à Madagascar, peut-être juste pour que nous soyons enfin décomplexés et complètement détachés du passé colonial pour s’ouvrir au monde.
Aujourd’hui la France ne peut répondre et ne saura pas répondre à mes questionnements.
Elle est bien allée trop loin dans son silence. Un coup d’État défini comme une manifestation d’opposants. Un ministre à la coopération qui appelle un putschiste « Monsieur le Président », bien que démenti, aujourd’hui la parole de la France, dois-je encore la croire ? La non-condamnation de la semi-prise d’otage du Lycée Français de Tananarive par les partisans du putschiste Andry Rajoelina. Les actualités tendancieuses du groupe France Presse : TV5, France 24, RFI, AFP ; le fait de faire « porter à l’ONU le chapeau » de ses responsabilités ; et enfin l’acceptation par ces mêmes médias français du fait que le putschiste se trouverait dans la résidence de l’Ambassade de France.
Andry Rajoelina a peut-être été aveuglé à dénoncer les conflits d’intérêts du président et fut incapable de voir à qui cela profitait. Sa vision étriquée des évènements l’a certainement empêché de voir la vision globale de Ravalomanana pour Madagascar.
Ces mots sont durs, même les relire est dur. J’ai toujours refusé d’utiliser le mot « putschiste », me disant tombe pas dans ça. Mais aujourd’hui suis-je un extrême ou est-ce juste les faits qui sont devenus les réalités ?
Douce France, il est temps aujourd’hui de laisser vos anciennes colonies se forger leur propre identité.
Douce France, « Liberté, Egalité, Fraternité » ; On connaît votre « fraternité », s’il vous plait, nous voulons gouter aujourd’hui à cette « liberté », car il est utopique aujourd’hui d’espérer de vous, de nous respecter avec « égalité ».
A.A dans “A Vous la Parole” - TopMada.com
Commenter cet article