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  • : Le blog de P.E. et J.F.
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  • Nous voici : les auteurs du blog MALALA, notre Blog sur nous :1 couple mixte marié,vivant en Eure et Loir. Lui,Français d'origine Portugaise.Elle,Malgache.
 MALALA ,en français CHERI(E), mot d'origine malgache. MALALA Ô désigne Notre Dieu d'Amour.
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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 18:24

MADAGASCAR Aux urnes ! Oui, mais après ?

Après quatre ans de crise politique, 7 millions de Malgaches sont appelés aux urnes aujourd'hui pour élire leur nouveau président. Malgré un scrutin qui s'annonce compliqué, la communauté internationale, fatiguée du statu quo, veut que ça avance. L'après, on verra bien.

Un électeur malgache montre son pouce marqué à l'encre après avoir voté dans un bureau de la capitale, Antananarivo, le 25 octobre 2013 - AFP/Stéphane de Sakutin
Un électeur malgache montre son pouce marqué à l'encre après avoir voté dans un bureau de la capitale, Antananarivo, le 25 octobre 2013 - AFP/Stéphane de Sakutin

Questions pour l’élection lundi 21 octobre 2013, par Ndimby A.

Dans la dernière ligne droite du premier tour prévu pour les élections présidentielles, posons-nous les deux questions les plus importantes : Les résultats de ce premier tour seront-ils fiables ? Y a-t-il un risque de crise post-électorale ? 
Malgré certaines déclarations du Grand Hâtif [Andry Rajoelina a pris le pouvoir par un Coup d'Etat en 2009] qui ont laissé supposer qu'il cherchait des prétextes pour les reporter, le Premier ministre, ainsi que Joaquim Chissano [médiateur régional pour régler la crise politique à Madagascar] ont mis en garde contre toute tentative de ne pas tenir les élections. Cela me laisse croire que le premier tour des élections aura lieu, cahin-caha, avec beaucoup de lacunes et plein de défaillances.
Il y a deux semaines, la juriste et activiste de la société civile Sahondra Rabenarivo a rédigé un brillant article, avec lequel je suis d’accord sur un point : il ne faut pas voter pour les candidats issus du panier de crabes et d’écrevisses [le camp Rajoelina]. Ceux qui se sont fourvoyé, avant la signature de la Feuille de route, à être Premier ministres, ministres, membres du Congrès de la transition ou du Conseil supérieur de la transition [au pouvoir sous sa direction depuis 2009], sont tous responsables du bilan calamiteux de cette transition.

Voter pour l’un de ces types équivaudrait à dire : "Les 92% de pauvres qu’on à eu à cause de vous ne sont pas suffisants, veuillez rester pour augmenter ce score ! S’il vous plait, encore plus de bois de rose [scandale de corruption qui a terni le gouvernement], plus d’insécurité, plus d’enfants hors de l’école, plus de chômage, plus de terres accordées aux multinationales agricoles (même si l’un des prétextes hypocrites du coup d’État fut un projet de terres à louer au coréen Daewoo - scandale de corruption, sous la présidence de son prédécesseur, évincé du pouvoir, Marc Ravalomanana)". 
Les résultats de ce premier tour seront-ils fiables ? 
Certainement non. Malgré les financements internationaux, les efforts des acteurs nationaux et internationaux, ces élections sont mal organisées. Le manque de sensibilisation sur le bulletin unique, les problèmes d’inscription sur la liste électorale, les couacs dans la distribution des cartes électorales ne sont que quelques-uns des aspects les plus visibles de l’organisation approximative de cet événement pourtant majeur de la vie nationale.

On s’étonne également que le nombre d’électeurs soit de 7,7 millions, dans un pays où la population est estimée au moins à 20 millions d’habitants (22 millions selon certaines sources) et où on estime que 50% ont plus de 18 ans. Sur ces bases, il n’est pas exagéré de penser qu’au moins trois millions de personnes ne font pas partie des listes électorales. Si les lacunes de ces listes sont des cas flagrants dans la capitale, on peut alors imaginer ce qui se passe dans les zones rurales. 
Les naïfs se raccrochent à la présence des observateurs internationaux comme la clé ultime : 800 selon RFI, plus de 400 selon Les Nouvelles [journal malgache]. Moi, cela me fait rigoler. Que peuvent faire 400, voire 800 observateurs internationaux dans un pays de 540 000 kilomètres carrés et ayant plus de 20 000 bureaux de vote, si ce n’est du tourisme ? Souvenons-nous qu’après les dernières élections présidentielles au Zimbabwe, remportées dès le premier tour par le vieux Mugabe, les observateurs de l’Union africaine ont eu le toupet de déclarer que l’élection [du 31 juillet dernier] avait été "libre et honnête", et ceux de la SADC [Commuté de Développement d'Afrique australe] qu’elle était "libre, très libre même...".
Au sujet de la fiabilité des observateurs africains chargés de juger la fiabilité d’une élection, on peut se poser des questions.  Quant aux autres, peut-on imaginer un seul instant que, si tel était le cas, les observateurs envoyés par les grands bailleurs de fonds de ces élections (Nations unies et Union européenne) accepteraient de dire que les fraudes ont été massives, l’élection mal fagotée, et que le résultat est par conséquent inacceptable ? Cela signifierait qu’ils se discréditent eux-mêmes. Par conséquent, ils vont soit gober, soit couvrir tout ce qui se passera. 
De toutes manières, on imagine déjà les rapports que vont sortir les observateurs internationaux après la publication des résultats : "Des défaillances ont été constatées dans le système électoral, mais globalement, cela ne remet pas en cause les résultats officiels. On appelle donc les Malgaches à respecter pacifiquement le résultat des urnes, à se contenir de toute violence, à avancer dans la sérénité vers le deuxième tour et gna gna gna". La communauté internationale veut des élections pour boucler le dossier "crise malgache de 2009" dont les efforts de médiation n’ont que trop duré. Par conséquent, pour elle, le plus important n’est pas qu’elles soient propres, mais juste qu’elles se tiennent. 
Je fais donc plus confiance aux observateurs nationaux, qui non seulement connaissent le vrai terrain, mais surtout, auront le courage de dire les choses telles qu’elles sont, sans les fioritures des nécessités diplomatiques. Malheureusement, la faiblesse de leurs moyens et la nécessité de courtiser les financements internationaux limitent leur marge de liberté. Si un système d’observation nationale avait été mis en place, couvrant tout le territoire, et apte à transmettre par SMS en temps réel les données de tous les bureaux de vote sur un serveur accessible au public, cela aurait permis un étalon de mesure exhaustif et indépendant. En l’absence d’un système transparent et complet, comment pourrait-on opposer des éléments objectifs à ceux qui manœuvreraient pour être au second tour, voire tenter de faire croire à une victoire au premier tour comme Mugabe [président du Zimbabwe, au pouvoir depuis 1980] ? 
Y a-t-il risque de crise post-électorale ?

Oui, le risque existe. Cette élection a été mal préparée par les services concernés ; la campagne a été mal encadrée par des institutions qui n’ont pu rien faire pour interdire des campagnes [électorales] illégales, empêcher les affichages sauvages en-dehors des lieux autorisés, contrôler des financements qui sentaient le bois de rose et le racket d’entreprises minières ; et la fiabilité et l’indépendance des institutions chargée de juger les contentieux électoraux reste à démontrer. Même si la campagne a été globalement pacifique, des actes de violence isolés ont été constatés. 
Quand en plus je vois les moyens faramineux dépensés par certains candidats, je me dis qu’a priori certains n’accepteront pas d’être absents du second tour. Quand on connait en plus les accointances avérées entre, d’une part, certains fauteurs de pagaille professionnels à la sagesse très relative et au portefeuille généreux, et d’autre part, certains éléments de l’armée ou certains leaders de gros bras toujours prêts à se prostituer au premier politicard venu, on peut légitimement s’inquiéter. Je me demande qui sera le premier abruti à monter un de ces comités post-électoraux pour faire descendre les gens dans la rue. 
Pour certains, il vaut mieux cependant tenir une mauvaise élection que ne pas avoir d’élections du tout. Avec ce genre de raisonnement, on ne s’étonnera pas qu’il y ait tant de crises post-électorales dans le monde. Financements internationaux, observateurs internationaux, Commission électorale indépendante, Conseil constitutionnel, et tout le folklore : après en avoir le cadre, les Malgaches auront-ils les ressources pour éviter le syndrome ivoirien [Laurent Gbagbo avait refusé de valider les résultats pour s'accrocher au pouvoir] ? 
Prévoir l’éventualité d’une crise ne signifie pas la souhaiter. Toutefois, dans le cas malgache, l’expérience des pratiques honteuses de nos politicards finit par devenir science. Par conséquent, les incantations du style "que la presse arrête de parler d’une possible crise post-électorale" ne montrent autre chose qu’un goût pour la politique de l’autruche. Mais comme on dit à Madagascar, Ny hamisavisana ny ratsy, hiavian’ny soa [Mieux vaut envisager le mal pour que le bien survienne].

Vidéo :

 

 

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